Claude Onesta, Entraîneur et sélectionneur de l'équipe de France de HANDBALL, championne olympique  à LONDRES en 2012

 
(05 décembre 2012 :: 12:11 :: publié sur le site national de l'unss)

 

                              "LE SPORT SCOLAIRE, MON PREMIER AMOUR ! "

 

 

Quels souvenirs gardez-vous de vos années dans le sport scolaire ?

Claude Onesta : Beaucoup de bons souvenirs. En fait, ce sont mes premières émotions sportives. J’étais destiné au rugby, mais grâce à l’école, à l’influence de mes camarades de classe et de mon professeur de gym très impliqué dans l’exercice de sa discipline, j’ai vite attrapé le virus du hand. A l’époque, j’avais disputé le championnat de France scolaire et je m’y étais bien éclaté. Ces souvenirs m’ont profondément marqué. Ils sont aussi forts, vitaux que celui qui se rattache au titre de champion olympique ! Pour moi, c’était une période dorée, bénie, celle de l’insouciance liée à l’adolescence mais aussi au sport. J’ai vraiment vécu de beaux moments forts, passionnés, tant sur le plan relationnel que sportif. Je n’oublierais jamais ce que le sport scolaire m’a permis de vivre. Il m’a infusé l’envie de m’y investir encore davantage. C’est pourquoi j’ai longtemps enseigné à l’école en tant que professeur d’EPS et animateur sportif. J’ai gardé des liens de proximité avec l’UNSS. Aujourd’hui, malheureusement, le sport scolaire tend à s’essouffler.

Dans ce contexte, trouvez-vous que le sport est assez valorisé à l’école ?

Pas assez à mes yeux. Je trouve que sa place est même indigne. Il est devenu le parent pauvre de l’éducation nationale. Je me souviens que, pour exister et avoir droit à la parole lors des conseils de classe, il fallait être professeur de maths ou de français. Le sport, on s’en fichait royalement ! Pourtant, il possède des vertus fédératrices au sein de notre société. Il peut aider à résoudre ou du moins à apporter de réelles solutions aux problèmes de la mixité, de la délinquance, de la discrimination, du racisme, voire de la violence. Malheureusement, elle n’a ni les moyens, ni la place qu’elle mérite. Du coup, le sport s’est organisé autrement. C’est comme ça…

Quel rôle joue le sport scolaire dans la réussite professionnelle d’un sportif ?

Il reste un formidable vecteur de motivation et d’inspiration. Il suffit de se laisser convaincre par l’enthousiasme d’un enseignant pour avoir envie d’aller plus loin, de se dépasser. Le sport scolaire, c’était mon premier amour. Et on n’oublie jamais son premier amour. A cet âge de l’adolescence, les convictions se forment et la motivation s’affine. Le sport scolaire permet à chacun de se familiariser avec une discipline, de toucher à tout. C’est une première mise à l’épreuve qui va permettre au jeune de passer d’une activité à l’autre, d’assumer ses tâtonnements sans culpabilité. C’est vraiment un premier laboratoire dans lequel vous allez vous tester. Le sport scolaire à mon époque, c’était sacré. Lorsque j’exerçais en club, je ne touchais pas au créneau du mercredi après-midi, car je savais qu’il était réservé au sport scolaire. Tout champion a commencé à se former, à baigner, y a puisé et trouvé ses premiers émois sportifs.

Le côté magique du sport scolaire disparaît-il  dès que l’on devient professionnel ?

Non, pas du tout. Pourquoi ? Cette magie-là, justement, captée dès son plus jeune âge, est fondatrice pour le professionnel. Elle lui a permis, lui a donné l’envie et la force d’aller plus loin, de vivre à fond sa quête, bref d’aller jusqu’au bout de son chemin, de ses convictions.

 

Il n'y a aucun message pour le moment.

Laisser un message

CAPTCHA